1) Historique sur les OGM

Historique des organismes génétiquement modifiés

Depuis que l’Homme sait apprivoiser la nature, son but est d’obtenir des améliorations constantes. Dans le cas présent, il cherche à obtenir des plantes plus résistantes à différentes attaques extérieures (notamment les insectes, herbicides et virus).
La société évoluant et ces besoins également, il a donc fallu que l’industrie agroalimentaire s’adapte. C’est dans ce contexte que les OGM sont entrés en jeu. Pour répondre à cette demande nouvelle, l’industrie a désormais besoin d’organismes plus résistants ce qui permet d’augmenter les rendements. Les OGM ne sont pas nés du jour au lendemain ce que nous allons voir par la suite. En effet, ils ont évolué au cours du temps pour se retrouver (selon ce que l’on consomme) dans nos assiettes.
Néanmoins, l’apparition des OGM (dans l’alimentation notamment) n’aurait pas été possible sans quelques découvertes antérieures.

Découvertes sur la génétique :

  • 1839 : Présence de cellules chez tous les êtres-vivants avec un noyau (cellules Eucaryotes) et renfermant des chromosomes. Nous savons d’ailleurs qu’il existe également des cellules sans noyau, appelées cellules Procaryotes comme, par exemple, chez les bactéries.
  • 1944 : Oswald Avery et ses collègues, Colin Mc Leod et McLyn McCarthy, découvrent que l’ADN est le support de l’hérédité.
  • 1953 : James Dewey Watson et Francis Crick découvrent, en 1953, grâce aux rayons X, la structure de l’ADN, c’est-à-dire une double hélice. Cela leur vaudra le prix Nobel de physique et médecine le 31 octobre 1962.

Années 60 : Universalité du code génétique et constitution de l’ADN de quatre nucléotides (Adénine, Thymine, Cytosine et Guanine). La découverte de son universalité est clé dans l’histoire des OGM. En effet, c’est à partir de celle-ci que nous comprenons qu’il est génétiquement possible de transférer un gène d’un organisme à un autre. Celui-ci sera alors décrypté par l’organisme receveur, quel qu’il soit.

Schéma d'une molécule ADN

La molécule d’ADN, macromolécule (c’est-à-dire molécule de grande taille), est condensée formant un chromosome se situant dans le noyau de la cellule.

Schéma de l'ADN

L’ADN est composé d’un acide phosphorique, d’un sucre (le désoxyribose) et de bases azotées. Ces trois unités forment le nucléotide. Les deux brins d’ADN sont dits complémentaires. En effet, parmi les quatre bases azotées l’Adénine se trouve en face de la Thymine et la Cytosine en face de la Guanine.

Les premiers OGM :

  • 1972 : Réalisation de la première transgenèse (explication de la transgenèse). Paul Berg, un biochimiste et son équipe insèrent un fragment d’ADN du virus SV40 dans le génome* de la bactérie Escherichia Coli.
  • 1978 : Production d’insuline humaine par une bactérie transgénique. Il s’agit du premier produit issu du génie génétique. C’est en 1983 que la production commerciale d’insuline est autorisée au Canada. L’insuline est utilisée dans le traitement du diabète puisque cette hormone, produite par les cellules du pancréas, diminue notamment le taux de glucose (sucre).
  • 1982 : Naissance du premier animal génétiquement modifié. Il s’agit d’une souris géante à qui on avait transféré le gène de l’hormone de croissance d’un rat.
Les plantes génétiquement modifiées :

Années 1980 : La technique la plus utilisée pour réaliser une transgenèse chez les végétaux est la transgenèse par Agrobacterium Tumefaciens. Les chercheurs comprennent comment cette bactérie a la capacité de transférer son ADN dans le matériel génétique de certaines plantes.

  • 1983 : Naissance de la première plante génétiquement modifiée : un plant de tabac résistant à un antibiotique.
  • 1985 : Naissance de la première plante transgénique résistante à un insecte. Deux ans plus tard, il s’agit de la première plante GM résistante à un herbicide total qui voit le jour.

Années 90 : Commercialisation de produits transgéniques (colza, soja et mais) aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, au Canada et en Europe.

  • 1994 : Autorisation à la vente de la tomate Flavr Savr dont la maturation est retardée afin qu’elle reste ferme plus longtemps. Cette tomate n’est plus commercialisée actuellement, après un échec en raison des surcoûts de production et de transport.

Entre 1996 et 1997: Commercialisation aux Etats-Unis des premières plantes transgéniques. L’une tolérant un herbicide (Soja Roundup Ready R) et l’autre résistant aux insectes (coton Bollgard R).

Le cas des plantes génétiquement modifiées en Europe et en France :
  • 1993 : Premières expérimentations sur les cultures transgéniques en France.
  • 1996 : Début des cultures des OGM en France, dans le but d’étudier leur impact sur l’environnement.

Le 26 mai 1998 : Les ministres de l’agriculture européens décident que les produits contenant des OGM devront être étiquetés «avec OGM» et ceux qui n’en ont pas «sans OGM».

En juin 1999 : Les politiques des 5 états membres de la Communauté européenne décident la suspension de la mise sur le marché de nouveaux OGM.

En janvier 2000 : La Commission européenne, au niveau de la réglementation des OGM, rend obligatoire l’étiquetage des produits en contenant plus d’1%.

Les OGM ont donc beaucoup évolué depuis le siècle précédent, siècle de sa création. Leur usage, en lien avec leur évolution, s’est notamment intensifié – ce que nous allons aborder.

L’intensification de l’usage des OGM depuis le XX ème siècle

Les OGM sont apparus à la fin du siècle dernier où l’on a commencé à les cultiver. Cette découverte n’est pas sans conséquence à l’heure actuelle. En effet, plusieurs dizaines d’années après leur apparition, les OGM font partie, selon notre alimentation de celle-ci. Il est donc intéressant de connaître l’intensification de leur utilisation.

Diagramme transgénique
Graphique réalisé à partir des chiffres de : source

Nous remarquons que les surfaces de plantes transgéniques augmentent dans le monde de 2002 à 2013. En effet, les surfaces de plantes transgéniques ont été multipliées par trois durant ces onze années passant de 60 millions d’hectares en 2002 à 175,3 millions d’hectares en 2013 ce qui est considérable.
Graphique 2 : Evolution des surfaces de soja, maïs, coton et colza génétiquement modifiées dans le monde de 1996 à 2016 :

Diagramme

Graphique 3 : Surfaces de quatre cultures GM* ou non dans le monde en 2015 :
Surfaces

Nous constatons que pour ces deux premières plantes génétiquement modifiées, le soja et le coton, il en existe plus de génétiquement modifiées que de «naturelles». Effectivement, en 2015, dans le monde, 82% du soja et 68% du coton produits sont transgéniques. Cela montre donc une fois de plus l’ampleur des plantes génétiquement modifiées (OGM) dans le monde qui remplacent les plantes «naturelles».

La répartition des OGM dans le monde :

Maintenant que nous connaissons les chiffres correspondant aux surfaces d’OGM ainsi que l’intensification de leur usage, nous nous intéressons à la répartition de ceux-ci à l’échelle mondiale.

Illustration 3: Répartition des OGM dans le monde en 2015
Planisphère OGM - carte mondiale des OGM

En 2015, 28 pays se répartissent les 179,7 millions d’hectares d’OGM mais de manière cependant très inégale. En effet, la grande majorité des surfaces (c’est-à-dire plus de 80%) se concentre sur le continent américain. Le continent européen, quant à lui, ne représente même pas 0,1% des cultures mondiales d’OGM étant très méfiant à leur égard. Comme nous pouvons le constater, la France ne fait pas partie des cultivateurs d’OGM pour cette raison. Ce n’est pas le cas de l’Espagne dont les cultures représentent 92% des surfaces OGM européennes.

Graphique 4 : Plantations d’OGM dans les différentes parties du monde en 2014 :
Graphique plantations OGMGraphique réalisé à partir des chiffres de : source.

Les principaux utilisateurs d’OGM sont les Etats-Unis, le Brésil et l’Argentine se partageant 77% des plantations à l’échelle mondiale. Ensuite, l’Inde et le Canada détiennent 6,4% des plantations d’OGM. Le Paraguay, la Chine, l’Afrique du Sud et les autres pays cultivent 10,2% des plantations d’OGM dans le monde.

Les OGM ont donc vu leur utilisation augmenter depuis ces dernières décennies par le biais de l’accroissement des cultures génétiquement modifiées. De plus, ils sont inégalement répartis à la surface de Terre étant majoritairement exploités en Amérique. Comme nous l’avons vu, l’Inde est le quatrième pays producteur d’OGM dans le monde. Dans notre étude de cas, nous allons évoquer une affaire en lien avec la culture d’OGM : le scandale du maïs Bt.